Source : L'Usine Nouvelle | N° 3076 |
8 Novembre 2007
TECHNOLOGIES ET INNOVATIONS
Déclinant des protocoles de communication spatiale, le suisse INGECOM a mis au point des étiquettes (tags) émettrices communiquant avec des bornes radio.
Pour répondre au défi de la traçabilité et de la détection de présence, aucune technologie radio n'est tout à fait adaptée. Bluetooth, Wi-Fi, Zigbee... Chacune a ses faiblesses. Que ce soit en termes de portée, de consommation énergétique, de sensibilité aux interférences, ou encore de coût... A partir de ce constat, Olivier Desjeux, le patron de la start-up INGECOM, basée en Suisse, et ses collaborateurs ont développé une technologie radio propriétaire opérant dans la bande libre des 2,45 GHz. Leurs expertises combinées des semiconducteurs et des protocoles de communications pour les satellites ultra-optimisés ont été mises à profit pour concevoir un système basse consommation – moins de 1 milliwatt de puissance d'émission – capable de rayonner jusqu'à 100 mètres en champ libre.
10'000 étiquettes gérées simultanément
Pour atteindre de tels résultats, la société suisse a misé sur une architecture qui prend le contrepied total de la RFID classique. Au lieu de s'appuyer sur une étiquette radio passive, qui dévoile sa présence uniquement lorsqu'elle est excitée par un champ magnétique extérieur, elle fait intervenir au contraire des émetteurs radio sophistiqués. Ces tags, disponibles sous le format de domino ou de carte à puce en fonction des applications, embarquent chacun un processeur d'applications et un convertisseur radiofréquence. « Ces éléments ont été agencés pour optimiser le bilan radio de la solution. une pile classique au lithium suffit à alimenter durant cinq à dix ans un tag excité toutes les deux secondes », explique Olivier Desjeux.
Cette sophistication a ses avantages. un contrôleur (borne radio) peut gérer jusqu'à 10 000 tags simultanément et y inscrire des données, qualifiant le contenu d'une palette par exemple. La portée radio et le secteur angulaire du signal radio du contrôleur peuvent être configurés à distance. De quoi définir finement un périmètre de présence et opérer des contrôles d'accès.
L'intérêt de la solution est également économique. En déportant une partie de l'intelligence du système de traçabilité sur les tags, l'infrastructure chargée de les détecter se retrouve simplifiée. Il n'est plus nécessaire de déployer de vastes portiques compliqués à installer. Les contrôleurs radio ont la taille de points d'accès Wi-Fi. Selon Olivier Desjeux, un portique RFID classique coûte de 5 000 à 10 000 eurs, contre 400 euros pour un contrôleur radio, auquel il faut ajouter 10 euros environ par tag.
La technologie d'INGECOM rencontre ses premiers succès auprès des industriels. Impressionné par ses performances, l'allemand Siemens a acheté en septembre dernier les brevets, en autorisant toutefois le suisse à continuer ses développements dans ce domaine. De son côté, le logisticien suédois CC-Pack a déployé plus de 1 600 tags pour le suivi d'une partie de ses 30'000 palettes.
INGECOM a entrepris d'adapter son offre à des marchés grand public. Elle a ainsi conçu une montre équipée d'un tag radio permettant de localiser son porteur. De la taille d'une pièce de monnaie se plaquant sous le mécanisme de la montre, le tag signale sa osition aux bornes radio couvrant le secteur géographique à sur veiller. « Les hôpitaux sont très intéressés par un tel service », se réjouit Olivier Desjeux.
Un tag performant
- Puissance d'émission moins de 1 mW : 100 fois moins gourmand que le Wi-Fi
- Portée radio 100 mètres en champ libre : 10 fois plus que bluetooth
- Autonomie cinq à dix ans avec une pile bouton : environ 10 fois moins que Zigbee
{image} (c) D.R.
Localisation.
Les tags radio d'INGECOM permettent au logisticien suédois CC-Pack de suivre à la trace une partie de ses 30'000 palettes.
