By A Web Design

Ingecom développe la carte SIM du futur

Source : Le Temps

 

mardi13 octobre 2009

La start-up a conçu une technologie qui pourrait généraliser les transactions sans contact avec les téléphones mobiles. Un accord a été signé avec un opérateur chinois.

image1

 

Régler l'ensemble de ses dépenses quotidiennes avec son téléphone portable. La perspective n'a rien d'irréaliste. Au contraire: ce devrait être la norme au milieu de la prochaine décennie.

Spécialisée dans la télécommunication par radiofréquence, la société neuchâteloise Ingecom participe à cette révolution. Elle vient de breveter une carte SIM nouvelle génération qui permet d'acheter des biens et services en plus de facturer les communications.

Cette innovation s'inscrit dans un mouvement de fond. Ces dernières années, les principaux fabricants ont uni leurs efforts pour développer la technologie NFC (pour «near field communication») avec une puce localisée dans le téléphone. Des essais à grande échelle ont été faits dans plusieurs pays avec un succès mitigé. «La NFC nécessite d'avoir des téléphones spécifiques, détaille Olivier Desjeux, fondateur et CEO d'Ingecom. Les smartphones les plus vendus actuellement n'en sont pas équipés. Cela ne démarre pas.»

Conscient de cette limite, les opérateurs ont décidé d'agir. A travers une société privée, le premier opérateur de Chine a mandaté Ingecom pour installer les circuits microélectroniques communicant par radiofréquence directement sur la carte SIM. «Comme ils prennent place dans l'épaisseur du plastique, ils sont à peu près invisibles, explique Olivier Desjeux en détaillant un croquis 3D sur son écran d'ordinateur. L'antenne est l'élément critique. Elle doit être compatible avec tous les environnements que l'on peut trouver dans les différents types de téléphones cellulaires.»

L'accord, ratifié mi-septembre, prévoit que les quelque 500 millions de clients de l'opérateur disposent des cartes SIM nouvelle génération en 2012. De quoi généraliser les transactions sans contact à courte distance (micropaiements) et à longue distance (spectacles, forfaits de ski, transports publics, etc.) pour supprimer tous les tickets du quotidien. «Les Chinois ont décidé de prendre un train d'avance par rapport à l'Europe et aux Etats-Unis, considère le patron de la société basée au Landeron. Ils ont la force nécessaire pour imposer cette nouvelle technologie.»

Malgré ce gros coup, Olivier Desjeux ne pavoise pas. Il souligne que «si les chances d'aboutir sont très bonnes, rien n'est encore gagné». Les premiers prototypes de cartes SIM viennent de sortir de production. Au total, plus d'un million de cartes seront testées en Chine, où une partie de l'assemblage sera effectuée. «La plupart des composants continueront à être fabriqués dans la région par nos sous-traitants», précise l'ingénieur spécialisé en radiofréquence.

Le succès d'Ingecom ne doit rien au hasard. Depuis sa création, en juillet 2005, la petite société (4 collaborateurs) a fait ses preuves dans le développement des tags actifs RFID. Cette technologie permet notamment de réaliser des inventaires automatiquement en temps réel. Des émetteurs de radiofréquence - les tags - sont placés sur des pièces ou des instruments, ce qui permet de connaître leur position sur un écran de contrôle.

«Siemens a été notre premier gros client, indique Olivier Desjeux. Les applications sont très larges. Nous avons aussi équipé les hôpitaux psychiatriques de Haute-Savoie. Les patients qui souffrent de démence, comme la maladie d'Alzheimer, sont munis d'une montre contenant un tag. Cela permet au corps médical de toujours connaître leur position avec précision. Une alerte est déclenchée s'ils s'approchent de la sortie d'un des bâtiments.»

La miniaturisation de la fonction a permis à Ingecom de se profiler sur le terrain très prometteur de la téléphonie mobile. De quoi voir l'avenir avec confiance après un début d'année 2009 très difficile. «La crise ne nous a pas épargnés, nous avons même failli déposer le bilan, confie Olivier Desjeux. Aujourd'hui, notre chiffre d'affaire avoisine le million de francs. Il devrait se situer entre 20 et 30 millions dans deux ans.»

Ingecom, qui a gardé tous ses droits de propriété sur ses brevets, a l'intention de profiter de son expérience chinoise pour séduire d'autres clients. Olivier Desjeux n'en dira pas plus: «Nous avons développé cette technologie pour l'autre bout du monde. Nous serions très heureux qu'elle soit utilisée près de chez nous.»

This article in English (thanks to Google Translate)

 
Go to top